COMMENT EST NÉ LAPIN BLANC ?

De la place de marché au trottoir, plus de 100 000 créateurs sur le carreau...

Once upon a time, 100 000 fournisseurs, créateurs et artisans français, souvent auto- entrepreneurs, avec de l’or dans les mains, distribuaient leurs productions via une place de marché française en ligne, « alittlemarket.com » ouverte en 2008.

Cette plateforme affichait des résultats impressionnants : 850 000 clients, 45 millions de pages vues par mois et un CA de 48 millions d’euros au point qu’elle se fit racheter par le leader mondial de la vente en ligne de DIY  coté au NASDAQ en 2014.

Suite au rachat d'ALM les conditions d'utilisation du service se sont rapidement et fortement dégradées : multiplication des bugs, disparition de certaines fonctionnalités, absence totale d'investissement, dégradation de la relation ALM/vendeurs...

Ce rachat ne prêtait pas à conséquence pour les vendeurs de la place de marché française jusqu’à ce que le leader, au début de l’été 2017, suite à des difficultés financières (400 000 $ de perte au 1er trimestre 2017), décide de la fermer et de contraindre les créateurs et leurs clients à rejoindre sa propre plateforme. 

ALM était une plateforme axée sur l’économie circulaire, ancrée au territoire national, ne proposant que des produits faits-main, contrairement au géant américain qui a autorisé récemment la mise en vente de produits fabriqués en usine. 

Une place de marché créée PAR et POUR les créateurs

Pourtant, certains créateurs/vendeurs prennent conscience dès le rachat de « A Litte Market » de l’insécurité de leur situation et s’inquiètent de la pérennité du canal de diffusion de leurs produits. C’est le cas d'Aurore Auclair et de Clément Chancenotte, à la tête d’une boutique de fournitures pour bijoux sur « A Little Mercerie », petite sœur de « A Little Market », dédiée à la fourniture de matières premières. 

La communauté des vendeurs s’agite sur les forums. Chacun constate, impuissant, la baisse de son chiffre d’affaires. Des boutiques ferment. Pour autant, personne ne veut croire à la fermeture imminente d’un site qui, un an auparavant, était en plein essor.

Comme ils ne possèdent pas leur outil de travail, Aurore Auclair et Clément Chancenotte se sentent dans une situation de dépendance économique : leur activité est désormais soumise au bon vouloir d’actionnaires anonymes à l’autre bout de la planète. Que faire ?

LA RENAISSANCE POUR DES MILLIERS DE CRÉATEURS FRANÇAIS

En 2016, Aurore, Clément et leur ami Pierre Bodinier, développeur Web rencontrent Pascal Vallerand, puis Isabelle Couvreur, des anciens de la plateforme. Ils en connaissent les forces, mais aussi toutes les faiblesses. Qui est le mieux placé pour connaître les besoins des vendeurs sinon les vendeurs eux-mêmes ? Dans l’ombre, ils dessinent jour après jour l’architecture d’une plateforme par et pour les vendeurs.

Si le projet est ambitieux, le business plan élaboré est néanmoins solide. L’idée est d’utiliser les innovations de l’économie numérique en créant une plateforme aussi puissante que ses concurrentes ... mais s’inscrivant dans un modèle économique alternatif et coopératif. Les actionnaires seront les usagers de la plateforme : ils la posséderont et orienteront, en leur faveur, les décisions stratégiques.

Le projet est baptisé « Lapin Blanc ». Une campagne de crowdfunding est lancée mais échoue. Car peu nombreux sont les vendeurs qui, à l’époque, prennent au sérieux le risque d’une fermeture de « alittlemarket.com ». De plus, chacun est tiraillé entre les longues journées de travail et la vie de famille. Il n’est pas évident de refaire le monde dans ce contexte. Lapin Blanc est remisé dans un carton, jusqu’au lundi 3 juillet 2017, vers midi...

Catastrophe, les créateurs et vendeurs de la plateforme apprennent, sur les réseaux sociaux, en même temps que leurs clients, que les deux plateformes vont fermer en septembre !

Clément Chancenotte comprend que c’est le moment ou jamais de faire connaître Lapin Blanc à l’ensemble de la communauté. Le projet reçoit de multiples soutiens. Des milliers de travailleurs indépendants, de particuliers souhaitant se professionnaliser et de clients solidaires attendent avec impatience ce nouveau site internet. Ils souhaitent le porter et le faire vivre à long terme. Trois semaines plus tard, la coopérative Lapin Blanc est enfin prête à déposer ses statuts !